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L’imagination gagne toujours.
Je constate que Peter Pan dans les jardins de Kensington, écrit par James Matthew Barrie et qui raconte comment un petit garçon décide d’arrêter de grandir pour s’en aller vivre au pays des fées, ressort dans une très belle édition chez Omnibus, ce qui prouve que Neverland, le pays de l’imaginaire et la plus poétique allégorie de l’enfance jamais imaginée, est une destination toujours très courue.
Je constate que Laure Adler a donné une suite à son épatant Les femmes qui lisent sont dangereuses et que, dans ce deuxième volume, elle mentionne l’histoire d’Azar Nafisi, professeure de littérature contrainte de démissionner de l’Université de Téhéran dans les années 90 et qui créa chez elle un cercle de lecture clandestin. Le livre dans lequel elle raconta cette expérience en 2003, intitulé Lire Lolita à Téhéran, devint tout de suite un best-seller mondial. Je constate qu’il se terminait par ces mots: «Mon rêve est qu’à la Charte des droits de l’homme on ajoute un amendement: le droit à l’imagination. Je suis convaincue qu’il ne peut exister aucune véritable démocratie sans la liberté de l’imagination et le droit de profiter librement des oeuvres de fiction.»
Je constate que pour la première fois paraît un Dictionnaire des lieux et pays mythiques rassemblant les principaux lieux imaginaires qui ont façonné notre intellect, et qu’en se promenant de la Terre du Milieu à la forêt de Brocéliande, en passant par Avalon, le Belovodié, l’Arcadie, la Mégapatagonie, la Prairie des Asphodèles, l’Arbre du monde ou l’Atlantide, on fait le tour rien de moins que de l’âme humaine.
Je constate que l’édition jeunesse se porte fort bien, qu’elle occupe de monstrueux et joyeux rayonnages dans les librairies et les bibliothèques alors même que l’on répète que les jeunes ne jurent plus que par leur console de jeux ou l’écran de leur page Facebook.
Je constate que les Indignés de par le monde, Suisse y compris, ne sont pas loin de l’esprit des ouvriers de l’usine horlogère Lip, à Besançon, dont l’histoire du bras de fer avec leur patron qui souhaitait les licencier entre avril 1973 et le printemps 1974 a été racontée en 2007 dans un film intitulé Les Lip, l’imagination au pouvoir.
Je suis ravie de pouvoir déposer ces informations sous le sapin de Noël à l’intention de mes enfants, qui doivent encore découvrir que ce qu’ils ont en tête, leurs rêves autant que le produit de leur cerveau, est leur bien le plus précieux.
Isabelle Falconnier, Rédactrice en Chef Adjointe, L’Hebdo
Du livre à l’objet
«L’édition est le seul secteur de l’économie qui réponde à une baisse de la demande par une hausse de l’offre» disait Jérôme Lindon, le président des Editions de Minuit. Si cette affirmation a été démentie par la rentrée littéraire 2011, avec un nombre de titres publiés en légère baisse par rapport à 2010, elle retrouve en revanche tout son sens avec la production de ce qui est appelé communément les «beaux livres», traditionnellement à l’honneur pour les fêtes de fin d’année.
Ce sont ainsi, tous genres confondus, quelque 2200 nouvelles parutions qui sont annoncées pour les prochaines semaines, ce qui représente un bond spectaculaire de 30% par rapport à 2010, alors que ce secteur a vu son chiffre d’affaires reculer de 5% l’an passé! Mais ce ne sont là que des chiffres et, dans ces domaines aussi, la qualité est primordiale et se juge sur de multiples critères: l’intérêt ou l’originalité du sujet, certes, mais également la qualité de la mise en page, des textes, la réalisation technique et l’impression de l’ouvrage, et ce qu’on appellera le «rapport qualité/prix».
Mais face à un secteur du beau livre de fin d’année structurellement en baisse, les éditeurs testent de plus en plus de nouveaux produits: ainsi, on a vu apparaître depuis quelques années des coffrets associant livres et objets, que ce soit dans le domaine de la cuisine, de la musique ou des activités manuelles et artistiques. A ceci s’ajoutent maintenant des jeux, y compris pour un éditeur comme Gallimard qui, pour fêter son centenaire, commercialise «Le grand jeu de la littérature: c’est dans quoi déjà?», qui vous permettra de tester vos connaissances littéraires, ou encore les Editions First, qui s’appuient sur le succès de leur collection «Pour les nuls» pour la décliner sous forme de jeu. De là à mettre un pied dans des chemins jusqu’ici plutôt réservés à des fabricants de papeterie, il n’y a qu’un pas, franchi allègrement par nombre d’éditeurs traditionnels pour proposer des calendriers, voire des agendas ou des almanachs thématiques. Et l’édition n’échappant pas au panurgisme, celui qui trouve LA nouvelle bonne idée originale n’aura que quelques mois avant de se voir copié et imité par ses confrères…
Les éditeurs tentent ainsi, par une politique de produits dérivés, de tirer le maximum des livres ou collections à succès. D’où ce nouvel adage: «Si tu veux savoir quels livres se sont bien vendus l’année dernière, il te suffit de regarder les produits dérivés proposés cette année.»
Pascal Vandenberghe, Directeur Général, Payot Libraire

Avec «Habiter», l’homme de lettres français interroge les différentes façons des hommes, des animaux et des plantes d’être au monde,

Rien de plus passionnant que de s’immiscer dans les coulisses de la création, d’interroger les inspiratrices et les modèles, de chercher à percer le mystère des ateliers. Trois ouvrages nous y invitent.

«Je suis un non-sédentaire. Le sédentaire, c’est la certitude». Frédéric Recrosio

Tatouages. Ces poèmes à fleur de peau.

• Glamour. Trois maîtres (ses) germaniques.
• Jack London. L’auteur de «L’appel de la forêt» était aussi un habile photographe.
• L’art de la photo. Prendre de belles images avec les conseils de la National Geographic.

• Coluche & Cabu. Les années Charlie.
• Bilal se dévoile. Connu pour être très discret, le dessinateur a accepté de tout dire.
• La vie en vert. Un livre pour redécouvrir Pierre Fournier, pionnier de l’écologie.

• Femmes, attention danger. Laure Adler et Camille Laurens s’intéressent, dans «Les femmes qui lisent sont dangereuses» et «Les fiancées du diable», aux femmes qui sortent des clichés.
• L’ABC du dandy. Un essai richement illustré revient sur l’histoire du dandysme.
• L’histoire à table. Un florilège de recettes, des banquets antiques à aujourd’hui.