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La littérature anglo-saxonne est en deuil, perdant en Alan Sillitoe, décédé le 25 avril 2010 à l’âge de 82 ans, l’un de ses derniers Angry Young Men.

L’expression, née dans la critique littéraire et théâtrale en 1956, a désigné durant plus de dix ans une génération d’auteurs qui, comme Alan Sillitoe, mais aussi Kingsley Amis, John Osborne ou Harold Pinter, ont métamorphosé en littérature le choc que, passé le temps de la reconstruction, a vécu l’Angleterre élitiste tentant d’assimiler la revendication intellectuelle et culturelle d’une classe sociale jusqu’alors muette.
Fils d’un ouvrier de Nottingham, Alan Sillitoe n’avait que dix-huit ans lorsqu’en 1946 une grave maladie le contraignit au repos, lui ouvrant par là même les portes de la lecture, une révélation qui l’incita à prendre la plume à son tour. Publiés en 1958-1959, son premier roman Samedi soir, dimanche matin et le recueil de nouvelles introduites par la fameuse Solitude du coureur de fonds le consacrèrent d’emblée, le rattachant au mouvement de ces « jeunes gens en colère » déçus par la Grande-Bretagne d’après-guerre, toujours imbue d’une supériorité pourtant bien lézardée, et qui des Conservateurs aux Communistes ignorait les aspirations d’une population abandonnée sans perspectives.
Servi, en littérature comme pour la scène, par un style sans fioritures qui substitue le réalisme social au naturalisme, Alan Sillitoe privilégia comme ses complices les anti-héros – travailleurs, déclassés, repris de justice – et la dénonciation sous-jacente de la médiocrité intellectuelle et sociale de l’époque. Cette approche à l’humanisme désenchanté, abrupte mais d’une grande puissance évocatrice, fut cependant davantage la qualité propre de Sillitoe que celle de son mouvement, dont il restera l’une des figures les plus marquantes. Bien que sollicité par le cinéma, pour l’adaptation de ses textes, et par le théâtre, grand vecteur d’idées dans les années 1960-1970 en Angleterre, l’écrivain, contrairement à la plupart des autres Young Men, développa en effet thèmes et formules avec cohérence et solidité, sans céder ni au tout-venant de l’écriture, comme Kingsley Amis, ni à l’isolement, comme John Braine ou le poète Philipp Larkin. Décédé à 82 ans, il laisse ainsi plus de quarante romans, recueils de nouvelles et pièces de théâtre [dont une dizaine seulement traduits en français, et pour la plupart épuisés] régulièrement répartis sur un demi-siècle d’intense activité littéraire.
| 1) |
Alan Sillitoe, Seuil, Points, Poche, 1999, 70 pages
Prix : CHF 7.20
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| 2) |
Sillitoe, Seuil, Cadre vert, Broché, 1961
Prix : CHF 21.30
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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