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L’opération « Aider Lire » a été présentée à Humagora 2008 parmi de nombreux projets associatifs. Vous savez pourquoi Payot Libraire aide… Découvrez aujourd’hui comment !

En choisissant de contribuer à Biblored, le projet de méga-bibliothèque initié par la municipalité de Bogotá, en devenant partenaire de l’association helvético-colombienne Alpandes, Payot Libraire a pris le pari d’impliquer ses clients dans le processus d’entraide ! [*voir lien vers notre article Biblored en fin de page] L’idée : proposer en librairie Papiers Du Monde, une collection d’articles de papeterie artisanale et écologique [carnets de notes, cahiers, albums photos] issue du commerce équitable, et en reverser le profit à Alpandes – coup double ! Mais d’où viennent ces magnifiques Papiers Du Monde qui ridiculisent, par leur beauté et leur originalité, les produits stéréotypés dont nous sommes envahis ?
Un monde de papiers
En Chine, en Inde, en Malaise, les forêts de bambous fournissent une matière première indispensable, aussi bien pour l’alimentation que la construction, la pharmacopée ou la vie domestique – et bien sûr le papier, car il est très généreux en cellulose ! Et là où menacent la déforestation et l’érosion, l’élégant bambou représente le salut : en générant un réseau de racines horizontales qui « lient » la terre, un seul pied peut retenir jusqu’à six m3 de sol… Non seulement il résiste à tous les climats, mais son mode de croissance rapide fait que sa coupe est régulière et permanente, ce qui assure son renouvellement. De nombreux artisans du papier de bambou ont disparu, mais ceux qui perpétuent la tradition n’ont rien changé à leur technique : le collage de matières végétales [feuilles, racines ou écorces de banyan, d’hibiscus, de caroubier, de cannelle, de vétiver…] pour animer les pages ! Côté papier de mûrier, la fabrication, née au Japon, est parvenue dans le nord de la Thaïlande et dans le Triangle d’Or à la suite de l’occupation, durant la Seconde Guerre mondiale. Là encore, il s’agit d’une plante commune et se régénérant facilement, qui permet aux paysans de compléter leur activité agricole hasardeuse sans céder à la facilité de semer du pavot… L’écorce bouillie du mûrier papifère produit une pâte crémeuse, parfois agrémentée d’inclusions de paille, d’écorces ou de pétales, que l’artisan capte et étale d’un tour de poignet virtuose sur des tamis : après séchage à l’air, le papier résistera parfaitement à l’encre et à la peinture ! Enfin Papiers Du Monde s'est associé à des communautés villageoises d’Afrique Australe pour valoriser le savoir-faire et les matières végétales typiques. Les techniques de fabrication artisanales respectent l'environnement : les matériaux, soit 100% de fibres de cellulose, y sont tirés des sous-produits des récoltes alimentaires, ce qui modère la pression sur des milieux naturels déjà très exploités. Et les effets créés par l’utilisation fantaisie des colorants et des matières n’ont vraiment rien à envier au design occidental contemporain !
Trois questions à…
Bruno Vaillard et Madeleine Pétignat, qui ont créé Papiers Du Monde, parcourent le globe pour rencontrer ceux qui pratiquent encore de façon artisanale l’art du papetier. Trois questions pour deux mordus !
- D’où viennent ces papiers ?
D’Indonésie, de Thaïlande, du Zimbabwe, notre entreprise aime voyager ! L’'idée était, partant du papier artisanal, c’est-à-dire fabriqué au tamis selon les techniques ancestrales, de retrouver les régions où cet artisanat se maintenait de manière brillante. Cette technique, qui utilise la pulpe végétale et un tamis immergé, a permis aux différentes civilisations de fabriquer du papier avec des végétaux disponibles localement : ainsi la Chine, l’Indonésie, Java et la Malaisie fabriquent du papier de bambou, le nord de la Thaïlande, le Laos et la Birmanie utilisent l’écorce du mûrier, l’Inde – notamment le Rajasthan - utilise les chutes de coton, tandis que le Népal tire son papier d’un arbuste, le loka ! De ce fait, la fabrication est souvent localisée dans une seule région.
- Par qui sont-ils fabriqués ?
Pratiquement toujours par des petites entreprises familiales, regroupées dans un même village. Cette activité double souvent l’activité agricole, d’où le terme de « fermiers-artisans ». Nous n’avons pas d’intermédiaires, nous recherchons nous-mêmes ces communautés, et il nous appartient de communiquer et de travailler directement avec elles : nous élaborons en général un prototype avant de le soumettre en fabrication aux artisans, qui en fixent eux-mêmes les prix.
- Quelle est la « valeur » écologique et sociale de cette production originale ?
Les papiers ne sont pas traités à l’acide, et utilisent des matières premières recyclées, comme le coton indien, ou des produits non bois, comme le bambou et le mûrier. Nous choisissons principalement des décors naturels ne nécessitant pas de colorant chimiques. Par ailleurs, les commandes ne sont pas lourdes sur le plan quantitatif, et restent donc accessibles pour les petites unités. Pour nous, leur vraie valeur humaine et sociale est garantie par le fait que nous ne nous adressons jamais à une structure du type usine : nos partenaires sont souvent les chefs communautaires de petits villages, qui ont traditionnellement la responsabilité de respecter ces valeurs d’autogestion et de production artisanale. |