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Fondation Vaudoise pour la Culture 2010


Joëlle Brack
24 septembre 2010

Partenaire de la Fondation Vaudoise pour la Culture, Payot Libraire a le privilège d’en faire connaître dès l’annonce, le 24 septembre, les six lauréats pour 2010 !


Payot Libraire, partenaire pour la troisième année de la Fondation Vaudoise pour la Culture, a donc une nouvelle fois l’honneur et le vif plaisir de présenter au public les créateurs émérites vaudois qui font vivre et diffusent la culture, le plus souvent bien au-delà des frontières cantonales et même suisses !

Créée en 1987, la Fondation vaudoise pour la culture [FVC] est un mécène au fonctionnement original, qui n’a jamais cédé sur deux principes : offrir des prix de valeur significative – sa dotation totale est proche des 200'000 francs – et sélectionner par elle-même ses lauréats, sans candidatures. Cette double exigence constitue, en Suisse du moins, une approche unique de l’artiste, valorisé ainsi dans sa fonction créatrice, son apport culturel et son rôle d’ambassadeur, et pare la FVC d’une aura considérable dont la Conseillère d’État Anne-Catherine Lyon, présidente du Conseil de la fondation, se plaît chaque année à faire l’éloge. Mais la cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture n’est pas seule à pouvoir se féliciter de la vitalité de l’institution : si la Fondation est heureuse de son « compagnonnage » avec l’État de Vaud, traditionnel mécène du Grand Prix, c’est, en un mode de partenariat aussi satisfaisant qu’efficace, vers les grandes entreprises qu’elle s’est tournée pour garantir l’indépendance de jugement et de financement de ses cinq autres Prix annuels, répartis au gré des années entre musique, littérature, théâtre, beaux-arts, arts appliqués, danse, photographie, cinéma et vidéo.

Le Grand Prix 2010, doté par l’État de Vaud de 100'000 francs, est en totale harmonie avec les objectifs de la FVC, puisqu’il récompense la carrière et le travail de la pianiste et compositrice lausannoise
Sylvie Courvoisier. Les longues boucles brunes de cette jeune femme parent de romanesque la carrière d’une musicienne hors normes, qui, sans quitter du cœur la musique classique, s’est orientée avec passion vers le jazz et, plus rare pour une femme, l’improvisation ! Vivant aujourd’hui aux États-Unis, elle a déjà travaillé avec les plus grands du moment, de Joëlle Léandre à John Zorn en passant par Yusef Lateef, et ses projets sont de la même qualité. La Fondation avait d’ailleurs l’oreille musicale cette année puisqu’elle a également distingué d’un Prix culturel de musique la grande organiste d’origine japonaise Kei Koito : si elle est professeur au Conservatoire de Lausanne et fondatrice du Concours international Bach dans cette ville, c’est bien dans le monde entier que l’on retrouve son nom à l’affiche des plus prestigieux festivals, salles de concert, concours musicaux et cours magistraux. Le Prix culturel de littérature revient à une troisième femme, elle aussi largement connue et médiatisée : il honore aujourd’hui l’écrivain d’origine libanaise Yasmine Char, dont le talent a éclaté dès le premier roman, À deux doigts [Favre, 2004]. Récemment saluée par la critique pour La main de Dieu [Gallimard, 2008], Yasmine Char est également l’administratrice du Théâtre de l’Octogone à Pully, dont elle reprendra bientôt la direction. Le Prix culturel d’arts appliqués enfin revient, non à une personnalité mais à une constellation, le collectif Circuit, né en 1998 des désirs libertaires d’étudiants fraîchement émoulus de l’ECAL. Douze ans plus tard, le centre d’art contemporain qu’il anime jouit d’une belle notoriété, et Circuit s’est fait éditeur d’art indépendant, preuve que ses intuitions novatrices en matière d’installations et de diffusion allaient bien à la rencontre des artistes comme du public !

Deux autres Prix enfin, moins classiques dans leur conception et leurs objectifs, sont fidèlement remis chaque année, le Prix de l’éveil et le Prix du rayonnement, plus directement orientés vers le travail d’ouverture et de partage de la culture : qui mieux que
Nicolas Raboud et René Gonzalez les méritaient ? Le premier, historien de l’art et directeur artistique de moult manifestations d’envergure, offre l’abord d’une personnalité ronde, d’une écoute tranquille, au service d’une vaste connaissance de l’art contemporain et de ses acteurs, d’où ses mandats d’expert auprès de nombreux organismes culturels publics et privés. L’autre – faut-il le présenter ? – est directeur du Théâtre de Vidy depuis vingt ans, et artisan sans conteste de son époustouflant essor parmi les scènes européennes, tant par ses innombrables créations et tournées internationales que par l’extraordinaire diversité des spectacles qu’il accueille. Un coup de théâtre qui est un coup de chapeau presque trop attendu à l’un des directeurs de théâtre les plus remarquables que la Suisse ait connus.

Une promotion donc de grande classe, riche aussi bien d’apports pérennes, tissés dans l’étoffe même de la vie culturelle locale et romande, que de créations en devenir, annonciatrices d’années audacieuses et stimulantes – de quoi, pour Payot Libraire, se réjouir grandement du dynamisme de la Fondation vaudoise pour la Culture !

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