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En annonçant le 9 février l’attribution de son Grand Prix 2010 à Philippe Jaccottet, la Fondation Schiller était assurée d’un concert de louanges pour la justesse de son choix, mais auquel se mêle certainement en sourdine quelques notes allant du soulagement ironique [« Enfin ! »] à l’étonnement sincère : il ne l’avait donc pas encore ? Mais non… Nul doute que le fervent compagnonnage de l’écrivain vaudois avec les grands auteurs classiques ne l’ait mithridatisé de longue date contre les aléas de la médiatisation et des honneurs, aussi s’est-il dit ému de cette prestigieuse consécration, dont la rareté fait tout le prix.
Des distinctions littéraires, le poète de Moudon en accumule depuis plus d’un demi-siècle, du Prix des écrivains vaudois en 1958 au Prix Goncourt de la poésie en 2003 en passant par une dizaine d’autres, décernés en France, en Italie, en Allemagne. Car l’auteur des Semaisons, des Paysages avec figures absentes, du Cahier de verdure est aussi le traducteur éminent de Goethe, d’Hölderlin, de Rilke et de Thomas Mann, d’Ungaretti et de Leopardi, d’Homère même, et le critique éclairé de la poésie européenne et du nouveau roman comme de la littérature berbère portée par Kateb Yacine. Chaque fois, la rigueur élégante, le style délié, l’immense érudition de Philippe Jaccottet font merveille, installant sa réputation bien au-delà des frontières romandes.
Est-ce à dire que nul n’est prophète en son pays ? Certes non, et si la plupart des écrits de Jaccottet sont publiés par Gallimard ou Le Seuil, garants d’un accès aisé dans les milieux très intellectuels dans lesquels gravite son œuvre, une maison comme la genevoise La Dogana peut s’enorgueillir d’avoir la première apprécié plusieurs titres, dont sa mémorable traduction des Élégies de Duino de Rilke. Mais si la consécration du Prix Schiller semble tardive au regard de l’incontestable notoriété de l’écrivain, ce n’est pas à la mauvaise volonté mais au mode de fonctionnement même du prix qu’il faut l’attribuer… Instaurée en 1905 par des universitaires et bibliophiles zurichois pour marquer le centenaire de la mort du poète allemand auteur de Guillaume Tell, la Fondation Schiller attribue en effet des prix « à deux vitesses » ! Quatre version du Prix annuel vont aux auteurs des quatre régions linguistiques pour un titre récent, soit en 2009 à Dominique de Rivaz [Douchinka] et Pascale Kramer [L’implacable brutalité du réveil] pour la Suisse romande, tandis que le Grand Prix, décerné tous les quatre à six ans seulement, couronne, selon le même critère d’équité linguistique, un auteur pour l’ensemble de son œuvre.
Cette attribution, plus glorieuse encore que l’autre, ne s’est donc encore faite que dix-huit fois en cent cinq ans, et vaut à Philippe Jaccottet de figurer désormais aux côtés de Ramuz, Dürrenmatt, Frisch, de Rougemont, Loetscher ou Chappaz au panthéon de la littérature suisse – avec sur eux l’immense avantage d’être toujours vivant, et sans doute à l’œuvre ! Consécration différente, Philippe Jaccottet figure également depuis 2009 au programme du baccalauréat français : c’est sa splendide traduction de L’Odyssée qui a été sélectionnée pour le fameux examen.

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Philippe Jaccottet, Editions La Bibliothèque des Arts, Broché, 2009, 129 pages
Prix : CHF 29.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Philippe Jaccottet, Editions Gallimard, Blanche, Broché, 2008, 119 pages
Prix : CHF 20.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Philippe Jaccottet, Seuil, Points Poésie, Poche, 2006, 184 pages
Prix : CHF 9.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Philippe Jaccottet, Editions Gallimard, Nrf, Broché, 1996, 232 pages
Prix : CHF 30.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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