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Lancées à La Rochelle, d’où partit Champlain en 1608, les festivités du 400e anniversaire de la fondation de Québec créent la polémique…

Le 8 mai dernier, une centaine de plaisanciers se sont élancés de La Rochelle sur les traces de Samuel de Champlain, refaisant la route qui, en 1608, mena le combatif navigateur et diplomate vers la Nouvelle-France. La Rochelle et non Brest, véritable point de départ de Champlain, en mémoire de son lieu de naissance, Brouage, non loin de la côte vendéenne. La Grande Traversée - qui ne durera « que » 47 jours alors qu’il en fallut à l’époque 76 ! – est une fête de l’aventure qui a eu l’excellente idée de rester ouverte à [presque] tous, les cotisations et conditions étant modestes. Certes possesseurs de coques de noix suffisantes pour affronter l’Atlantique, les navigateurs sont donc de simples marins du Vieux Continent qui s’offrent le luxueux plaisir de se voir ouvrir la voie vers le Nouveau Monde par l’historique Bélem, et effectuent ce pèlerinage nautique par amitié pour le Québec. Quoi de plus normal alors que de convier des Québécois aux festivités ? Mais c’était compter sans le droit de préemption de la Très Honorable Michaëlle Jean, Gouverneure générale du Canada pour Sa Majesté…
Dans le but de simplifier les problèmes de protocole, la gouverneure ayant rang de chef d’État, la France a donc invité un « simple » ministre du gouvernement provincial et le maire de la ville de Québec à assister l’auguste invitée dans son expédition vendéenne. Canadienne d’origine haïtienne, cette splendide femme à poigne, journaliste, nièce du poète René Depestre et épouse d’un Français, était évidemment la personne à voir sur la couverture des magazines aux côtés de Sarkozy : mais chercher à éviter la difficulté est-il louable ? Car Jean Charest, Premier ministre du Québec, n’était pour sa part convié qu’à rencontrer Raffarin – bof… - et à assister au concert de… Céline Dion à Bercy, spectacle qu’il aurait pu avoir au coin de sa rue pour nettement moins cher. Littéralement étranglés d’indignations, les Québécois – indépendantistes tièdes et irréductibles pêle-mêle – ont finalement récupéré leur souffle et hurlent au coup de Jarnac, dénonçant avec véhémence l’insidieuse mainmise du pays sur la province, et le manque de tact complice de la France accusée de leur avoir ainsi passé un sapin [trahi]. Ces citoyens d’ordinaire courtois et placides n’ont cure en effet des insomnies du chef du protocole de l’Élysée, auquel ils ont déjà dû passer l’an dernier les fameuses vacances présidentielles à Wolfeboro, village de John Wolfe, le général anglais qui rétama les défenseurs français de Québec en 1759…
Équipée d’un gouvernement autonome depuis une bonne secousse [un bon moment] et saluée depuis 2006 du titre officiel de Nation du Québec, la Belle Province pouvait légitimement compter que son Premier ministre allait prendre fait et cause, réclamer sa part des honneurs et montrer aux Fédéraux qui commande dans la Baie du Saint-Laurent. Hélas. Joignant la consistance d’une débarbouillette [gant de toilette] à la galanterie mal placée du monsieur-qui-laisse-passer-les-dames, Jean Charest n’a pas pris une chance, crainte de s’enfarger dans une situation mêlante, et a préféré traiter benoîtement de « surréaliste » [sic] la colère de ses électeurs, qui dit-il n’ont pas la même conception de l’Histoire que lui. Mario Dumont, chef de l’opposition québécoise, n’y est pas allé par quatre chemins : « Charest, en s’éclipsant sans mot dire devant la gouverneure générale, est le cocu content des fêtes du 400e » a-t-il résumé au sujet du politicien. Mais comme il est difficile de justifier la position « révisionniste » - dixit l’opposition - qui consiste à faire de Québec le berceau non de la Nouvelle-France mais de tout le Canada [alors que les Britanniques l’ont en partie conquis et en partie acheté !], Charest a choisi : laisser les souverainistes garocher leurs critiques, placoter et niaiser, et la gouverneure avoir du fun à La Rochelle. « Un Raffarin, sinon rien ».
Certes, les Québécois ne sont pas les seuls francophones du Canada : les Acadiens et, plus généralement, les « Francos » de toutes les provinces, n’ont pas, contrairement à eux, d’autre représentants que les instances fédérales canadiennes, qu’ils peuvent légitimement souhaiter voir à l’honneur elles aussi durant ces festivités. Ottawa a en outre dépensé pas mal de piastres [dollars] dans les célébrations côté Nouveau Monde, et dépenser signifie ici investir. Et puis, disent les Canadiens dans leur ensemble, ça s’adonne [il se trouve] que le Québec est dans le pays et donc le pays c’est tout le monde, CQFD. Mais Charest ? S’est-il cru bien fin, l’époux de la Dame Jean étant natif de La Rochelle, en imaginant qu’ainsi elle aurait sa fête gâchée par sa belle-famille ? Négligeant peut-être le fait que les prochaines élections pourraient le voir, lui, passer au chaudron, la devise de la Belle Province étant « Je me souviens »… |
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Yves Laframboise, Les Editions de l'Homme, Relié, 2007, 410 pages
Prix : CHF 28.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Pierre Lahoud, Henri Dorion, Les Editions de l'Homme, Beau Livre, 2005, 234 pages
Prix : CHF 28.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Heiko Wittenborn, Les Editions de l'Homme, Relié, 2008
Prix : CHF 36.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Henri Dorion, Yves Laframboise, Pierre Lahoud, Les Editions de l'Homme, Broché, 2008, 423 pages
Prix : CHF 27.90
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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