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Une moisson d’ouvrages consacrés à Jimi Hendrix marquera cet automne le 40e anniversaire de la disparition du génial guitariste.

Il y a des gens qu’une mort prématurée préserve à jamais d’une image vieillissante : comment se figurer Gérard Philippe ridé, Marilyn Monroe grisonnante, James Dean avec des lunettes, le Che dégarni ? Comment penser qu’un retraité pourrait se cacher aujourd’hui sous la tignasse de Johnny Allen Hendrix, dit Jimi, dieu incontesté de la guitare rock, mort le 18 septembre 1970 d’une overdose, à vingt-huit ans ? Son visage aux traits accusés, héritage d’ascendants blancs, afro-américains et amérindiens, ne fut pourtant jamais très juvénile, comme si de durs débuts dans la vie – né dans une famille pauvre de Seattle, il tâtera de la délinquance puis de l’armée avant de fuir définitivement dans la musique – avaient gommé toute insouciance. Plonger dès 1965 dans l’univers agressif, faussé et exténuant du rock en pleine mutation n’eut rien de réparateur, les à-coups médiatisés d’une carrière brillante mais chaotique le disputant aux excès de stress, de drogues et de travail pour user sans merci l’étui d’un tel instrument… Rejeté par certains musiciens soucieux de préserver leur petit royaume, Hendrix fera en revanche une forte impression sur les grands du spectacles, que leur professionnalisme rend réceptifs au danger du talent des autres : aux États-Unis comme en Angleterre, tous, de Clapton aux Beatles en passant par Santana, Hallyday, BB King ou Miles Davis, ont très vite reconnu le Voodoo Child comme l’un des leurs, et, semble-t-il, avec davantage d’admiration que d’amertume.
Jalonné d’enregistrements rares mais fulgurants, de titres sans cesse repris depuis, de concerts historiques, d’interprétations mythiques, le parcours du Gaucher Magnifique était fait pour générer sa propre légende. Comme souvent pour les stars fauchées brutalement, sa mort elle-même n’est pas restée « normale », et un possible témoin affirma en 2009 que son manager aurait favorisé l’overdose du musicien, qui menaçait de rompre leur contrat, alors que gérer la destinée posthume des droits d’Hendrix présentait davantage d’intérêt[s]. Classé sans suite… C’est dire qu’une telle carrière, brève et étincelante comme un passage de comète, mais sulfureuse et cernée de gouffres infernaux, n’a cessé de susciter les publications : les parutions de 2010, quarantième anniversaire de la mort d’Hendrix, sont nombreuses et variées ! Le spécialiste de jazz et de rock Stéphane Koechlin signait récemment Blues pour Jimi Hendrix, tandis que le poète franco-roumain Zéno Bianu extrapolait, dans Jimi Hendrix (aimantation), sur les dernières paroles de chanson retrouvées à la mort du musicien ; l’étude sur la discographie d’Hendrix menée par Régis Canselier dans Le rêve inachevé est, elle, presque épuisée à peine sortie ! Dès la fin août, la production s’accélérera avec, étonnamment, une biographie de l’artiste par Frédéric Martinez chez l’éditeur d’histoire Tallandier [19 août] ! Ian McCann, qui avait déjà radiographié Bob Marley, livrera un beau choix d’entretiens, Hendrix : la légende [Music & Entertainment, 23 août]. Avec Electric Life [City, 8 septembre], Vincent Brunner, journaliste aux Inrock’ et lui-même compositeur-interprète, évoquera Hendrix comme inspirateur de la jeune génération, rejoint dans la dimension mythique par le photographe anglais Gered Mankowitz qui témoigne, dans Expérience à Mason Yard [Fetjaine, 16 septembre], des séances avec la star ; c’est l’éditeur lausannois Concart qui fermera la marche [23 septembre] avec sa version du sujet.
En attendant, pourquoi ne pas jeter un œil aux titres plus anciens ? Jean-Pierre Filiu, un… politologue français, avec Le gaucher magnifique, et Charles R. Cross, avec les témoignages récoltés dans L’expérience des limites, ont replacé le destin hors normes d’Hendrix dans l’histoire du rock et des États-Unis, tandis que David Stubbs dans Mots pour mots a disséqué sociologiquement toutes ses chansons, et que Martin Green s’alliait à Bill Sienkiewicz pour faire passer La légende du Voodoo Child en BD psychédélique. Quant au chroniqueur musical Jean-Noël Coghe, il n’a que quelques années de moins qu’Hendrix lorsqu’en 1967 il accompagne la tournée européenne du guitariste, qu’il évoque avec un professionnalisme étonnant et une certaine ingénuité dans Émotions électriques ! La biographie de Charles S. Murray, Vie et légende, restant, elle, la référence depuis plus de dix ans.
| 1) |
Charles-Shaar Murray, Seuil, Points biographie, Poche, 2000, 350 pages
Prix : CHF 11.80
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Bruno de Stabenrath, Points, Points, Poche, 2008, 149 pages
Prix : CHF 8.70
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Jean-Pierre Filiu, Mille et une nuits, Essai, Broché, 2008, 209 pages
Prix : CHF 25.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Moebius, Jean-Noël Coghe, Le Castor Astral, Rock attitude, Broché, 1999, 125 pages
Prix : CHF 36.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Sharon Lawrence, Flammarion, Broché, 2005, 357 pages
Prix : CHF 36.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 6) |
David Stubbs, Flammarion, Broché, 2005, 143 pages
Prix : CHF 43.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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