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Flammarion publie une passionnante synthèse de la monumentale biographie d’Hitler par Ian Kershaw.

Entourée de l’admiration des spécialistes et de la réprobation choquée de quelques autres, la publication du Hitler de l’historien anglais Ian Kershaw, en 2001, a créé un réel événement dans l’univers pourtant déjà compact de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. C’est que l’ouvrage, une monumentale biographie en deux volumes, s’était donné les moyens de ses ambitions, et portait la griffe d’un spécialiste du totalitarisme politique expert dans l’art de la mise en perspective. Son seul défaut, une masse impressionnante et, il faut le dire, décourageante pour le grand public, vient d’être corrigé : Flammarion, éditeur de la traduction française, vient de présenter une refonte en un volume qui, avec intelligence et rigueur, synthétise le formidable travail de recherche de Kershaw. Loin d’être une « bio au rabais », cette nouvelle édition rend parfaitement justice à la remarquable construction de l’ensemble, ce double mouvement en balancier qui explique comment une période sociopolitique catastrophique pour l’Allemagne a créé et favorisé l’ascension d’un homme médiocre, puis comment ce dernier, se jouant des valeurs démocratiques les plus essentielles, a à son tour modelé un pouvoir et un modèle de fonctionnement social totalement pervertis.
Médiéviste de formation, et enseignant en ce domaine durant une dizaine d’années aux universités de Nottingham, Bochum et Sheffield, Ian Kershaw avait sur ses confrères de l’histoire contemporaine l’avantage d’une sagesse résignée : ne pas s’attendre à des découvertes d’archives ou documents d’époque révolutionnaires, voire simplement inédits. L’histoire, bonne princesse, lui réservait pourtant une excellente surprise, la tombée en poudre d’un Rideau de Fer complètement rouillé et, de là, l’accès inattendu à des archives bouclées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ! C’est ainsi que Kershaw eut l’occasion d’exploiter en pionnier une documentation encore vierge, dont l’inestimable – historiquement parlant – journal complet de Goebbels, découvert à Moscou en 1990, et des écrits reliant les deux bouts de l’affaire : la correspondance d’Hitler dans les années 1920, et les témoignages laissés par ceux qui, jusqu’au fameux « nid d’aigle » de Berchtesgaden, partagèrent les derniers mois du Führer. Nourrie d’une vaste et profonde réflexion sur l’ensemble des phénomènes qui ont interagi en cette sombre puis effrayante période, l’œuvre de Kershaw – narrateur hors pair autant qu’époustouflant érudit – brosse une fresque saisissante de l’histoire et de la nature humaine, sans que jamais ne soit perdus de vue le contexte global ni le détail parlant.
Parce que le poids des préjugés est plus lourd que deux tomes reliés, il semble encore souvent moins déshonorant de déposer devant la caissière d’une librairie un navet faussement porno ou un traité de magie blanche en dix leçons qu’une biographie d’Hitler, pour ne rien dire des justifications embarrassées qui accompagnent systématiquement l’achat de Mein Kampf – le Petit livre rouge posant, à massacre égal, nettement moins de problème. Et pourtant. Au tournant du millénaire, les Occidentaux horrifiés découvrirent que les spécialistes consultés plaçaient en tête des personnalités marquantes du XXe siècle le dénommé Schicklgruber Adolf, dit Hitler, Autrichien renégat, peintre médiocre, aryen raté et petit caporal... Soixante millions de morts, la Shoah, la destruction atomique, l’Europe de Yalta sabrée en deux pour un demi-siècle, l’une des plus riches cultures de l’Ancien Monde stigmatisée, c’était donc cela qu’il fallait pour passer à la postérité ? Étrangement – oui. Parce que, soixante ans après la capitulation du Reich, les essais à Mururoa ou Pyongyang, les attentats à Jérusalem, les charniers de Bosnie, la misérable non-politique de l’Italie, le scandale des fonds suisses en déshérence ou les confessions du vieux Günther Grass sont encore, au XXIe siècle, les tragiques séquelles de ce qu’imposa au monde la folie destructrice d’un homme. Et que, dans ces conditions, il est non seulement légitime mais nécessaire de comprendre pourquoi et comment une partie non négligeable de l’humanité dite civilisée s’est jetée volontairement dans l’abjection. En mille deux cent pages passionnantes, Kershaw met aujourd’hui cette salutaire compréhension à la portée de tout citoyen se sentant, même de manière infime, responsable du sort commun. I
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Götz Aly, Flammarion, Champs Histoire, Poche, 2008, 523 pages
Prix : CHF 20.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Bertolt Brecht, Editeur L'Arche, Scene ouverte, Poche, 1983, 110 pages
Prix : CHF 16.90
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Todd Strasser, Jean-Claude Gawsewitch, Broché, 2008, 221 pages
Prix : CHF 28.20
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Joseph Goebbels, Tallandier, Archives contemporaines, Broché, 2006, 907 pages
Prix : CHF 55.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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Joseph Goebbels, Tallandier, Archives contemporaines, Broché, 2007, 968 pages
Prix : CHF 55.10
Disponibilité: Ouvrage indisponible
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| 6) |
Daniel Bovy, Luc Pire (Editions), Broché, 2008, 157 pages
Prix : CHF 30.10
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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